Opposition Mars 2020 : Belle récolte de nouvelles performances

Après un passage mi-octobre au plus près de la terre, Mars s'éloigne dorénavant inexorablement avec un diamètre apparent comme une phase qui vont décroître assez rapidement au cours de ce mois de novembre. La météo pendant des semaines, à partir de la fin septembre, n'aura pas été tendre pour les observateurs francophones itinérants sans balcon ni terrain privatif, surtout quand ceux-ci auront dû se résigner de plus d'un couvre-feu, de devoir subir également un nouveau confinement national fatal à leurs activités. Appartenant à ces otages de cette bien triste période épidémique, la véritable passion en soi pour le sujet possède toutefois cette foi inoxydable en l'avenir comme à l'admiration du travail des autres au présent.

Mars en imagerie

Comme en 2003 et lors de plusieurs oppositions plus récentes, Mars se sera avéré une cible en prise à la potentialité du dépassement de nouvelles limites en terme de résolution du côté des amateurs ou de la collaboration pro-amateurs, à l'image par exemple de cette fantastique image produite depuis le Pic du Midi le 30 octobre dernier par le professionnel François COLAS que l'on ne présente plus, tout comme deux amateurs (Thierry LEGAULT à l'acquisition et Jean-Luc DAUVERGNE au traitement). Une résolution effarante pour une image produite depuis un observatoire terrestre, bien que à en croire les auteurs, les conditions atmosphériques n'auront pas été optimales et que le T1m du Pic ne pouvait alors pas délivrer la totalité de son potentiel. Il n'empêche qu'il s'agit encore d'une image fantastique qui entrera dans les annales de la discipline.


L'astronome amateur britannique Damian PEACH, indiscutablement l'un des meilleurs du monde, pour ne pas dire le meilleur, ne fut pas en reste à seulement 21 heures d'intervalle de celle de nos compatriotes du Pic, avec cette image incroyable d'une dextérité implacable. Quand on ne peut malheureusement pas mettre l’œil à l'oculaire, ce genre d'image fait du bien. 

Mars en visuel

Du côté des observateurs visuels francophones, on ne présentera plus Nicolas BIVER, Frédéric BURGEOT et Serge VIEILLARD que j'apprécie énormément, d'autant que leur modestie est à l'égal de leur immense talent en la matière. Travaillant tous les trois avec des Newton de 400 mm d'ouverture devant lesquels ils peuvent passer en moyenne jusqu'à 40 à 60 heures à observer par an, ils détiennent notamment sur Mars, le haut du pavé sur la haute résolution à l'oculaire et cette opposition 2020 est encore un très beau témoignage de leurs capacités. Commençons notamment par Nicolas...Fantastique n'est-ce pas ?


Ce qui est tout particulièrement incroyable, c'est de dénombrer dans ses dessins une foule de fins détails, des plus contrastés aux plus fugaces, dont beaucoup d'amateurs peinent pourtant à enregistrer avec une caméra CMOS. Preuve qu'un œil d'expert et le feu sacré d'un esprit passionné font bien des miracles car Nicolas n'hésite jamais, dès la moindre ouverture météorologique, à descendre de son appartement avec son 400mm par ascenseur et à s'installer à 150-300 m de sa résidence en plein centre-ville de Versailles pour multiplier observations comme les planches de dessins sur les événements célestes.

Frédéric BURGEOT est un autre exemple de travaux incroyables d'observations et de dessin sur cette opposition martienne. Il se distingue, outre la haute résolution des détails perçus, d'une technique de dessin très "photo-réaliste".


On finira par ce dessin de Serge VIEILLARD particulièrement réussi :

"Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler !" - Louis POIRIER (1910-2007)