Ambitions

"Le bon sens nous montre que la vie humaine est courte, et qu'il vaut mieux faire
de notre court passage sur terre quelque chose d'utile pour soi et pour les autres."
Dalaï-Lama   

Arnaud FIOCRET est un amateur et non, un professionnel de l'astronomie. Ses outils de travail, sagement proportionnés à ses ambitions forts modestes, l'auteur se contente la très grande majeure partie de son temps effectif d'observations visuelles d'un simple télescope Newton Altazimutal d'une ouverture de 200mm, instrument du commerce d'entrée de gamme de fabrication chinoise à moins de 400 euros, avec l'agrément sans surprise des défauts inhérents à sa conception "bas coût" (collimation capricieuse des éléments optiques entre eux lors de son transport en voiture, miroir primaire de qualité III λ/8 minimum tout juste valable pour le visuel jusqu'à G=1,2x le diamètre et problématique globale de mise en température). Mais quel plaisir !

Comme énormément d'amateurs, il n'existe la poursuite d'aucun but particulier, si ce n'est celui de l'émerveillement, de la contemplation, de la philosophie méditative et du partage de ses observations ou connaissances dans le domaine de l'astronomie. Parfois, il produira de l'information scientifique avec des optiques supérieures, sans en faire une finalité impérative. Dans la temporalité de ses observations, il ne se fixe dès lors aucun critère qualitatif ou quantitatif quelconque, s'appliquant à s'adapter simplement au bon vouloir de cette probabilité d'une fenêtre d'observation et de son envie d'observer. Tout se résume ainsi à une passion pratiquée exclusivement sur ses temps libres, parallèlement à une vie professionnelle elle-même assez chronophage, soit la probabilité combinée la plus favorable d'avoir accès à son télescope par ciel dégagé, seulement un soir par week-end et durant seulement cinq semaines de congés par an, ce qui est météorologiquement dans les faits absolument illusoire. Réalité d'autant plus dure depuis mars 2020 dans cette période de crise sanitaire majeure de la COVID-19, quand couvre-feu voire confinement national de plusieurs semaines viennent à porter leur propre fatalité calendaire à l'itinérance.

Fort heureusement, quand bien même, il n'ait accès à aucun instrument optique, l'observation demeure l'observation. A l'occasion d'une trouée de ciel sur le cosmos, à l'aube ou au crépuscule, notamment sur le chemin reliant son domicile à son lieu de travail, il s'émeut toujours de ce qu'il est possible de comprendre des soubresauts de l'univers avec juste nos deux yeux.

La lune photographiée par l'auteur en 2010
"Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler !" - Louis POIRIER (1910-2007)