Optiques et répartition

En octobre 2003, quand Arnaud FIOCRET lance la première mouture de son portail internet, il le baptise immédiatement Observation et imagerie. Malgré son long processus personnel depuis toutes ces nombreuses années dans de nombreux domaines très variés (astronomie, architecture, paysages, bovins, humains, philosophie,...), la vie lui semble constamment suspendue entre observation et imagerie. Force étant de constater que dans cette société ultra-connectée et à la quête du sensationnel dans l'instantané, l'imagerie ait eu tendance à écraser la notion d'observation. Avec le numérique, nous vivons désormais dans un monde débordant d'images mais combien de temps dorénavant réservé à s'attarder à simplement apprendre à observer ? C'est une question que l'auteur a tranché en 2019 lors de son retour particulièrement très discret à l'astronomie.

L'observation visuelle à 90%

Trois instruments :
  1. Une paire de jumelles 8x42
  2. Un Dobson Newtonien 203mm f/6
  3. Un Célestron 8 (Schmidt-Cassegrain - 203mm f/10)
A la reprise de ses activités astronomiques, l'auteur a réalisé une importante restructuration dans son matériel afin de se concentrer résolument sur l'observation visuelle, univers dont il lui aura fallu finalement apprendre les délicatesses, s'étonnant bien agréablement de (re)découvrir un "métier" inédit dont peu d'imageurs explorent souvent la finesse, trop souvent distraits par la concentration exigée pour surtout maîtriser toute la chaîne, elle-même assez complexe, de la prise de vue.

Le planétaire

Il s'agit depuis toujours de son terrain de prédilection avec Vénus, Mars, Jupiter et Saturne comme stars indéboulonnables au firmament. Le Dobson présente sur ce point l'avantage suprême d'être particulièrement mobile pour rendre possible le pointage d'une planète dans des conditions logistiques difficiles, en étant à même de permettre la négociation avec des horizons assez surchargés de certains sites d'observation. Faute de mieux dans ces cas de figure, dénué de suivi sidéral, le Dobson autorisera le grossissement maximum réellement exploitable par l'auteur d'environ 200x en monoculaire. Néanmoins, dès qu'un site d'observation ou l'altitude de la planète l'autorise, l'auteur privilégie l'usage d'un Célestron 8 entraîné par une monture équatoriale allemande Vixen GP, ensemble bien plus adapté à l'exercice dont l'ultra-polyvalence de la formule optique du tube accorde l'observation monoculaire comme binoculaire entre 270 et 400x selon la stabilité de l'atmosphère, tout comme selon le comportement intrinsèque assez variable de chaque planète à ces grossissements (contrastes et luminosité globale).

Le stellaire

Le stellaire est le secteur réservé pour le Dobson pour sa courte focale de 1200mm et la possibilité d'utiliser des oculaires de coulant 50,8mm à grand-champ voire ultra-grand-champ, favorisant le repérage de l'objet, tout comme son suivi azimutal en manuel au cours de l'observation, grâce à des champs visuels réels oscillant entre 2° et 25' car contrairement aux planètes qui exigent de beaucoup grossir, pour la plupart des objets du ciel profond accessibles dans une ouverture de 20cm, le grossissement oscillera seulement entre 40x et 120x. Le Célestron 8 dans cet univers fera parfois irruption quand il s'agira de s'attaquer à des objets très difficilement repérables grâce à l'automatisation de leur pointage via un logiciel de cartographie qui pourra prendre la main une poignée de secondes sur les moteurs de la GP pour l'accompagner dans leur trouvaille.

De toute évidence, le Dobson, instrument dépouillé de tout superflu par son extrême simplicité, sa transportabilité et sa grande rapidité de mise en service en seulement dix minutes, aura emporté peu à peu la très nette préférence de l'auteur pour observer la grande majorité de ses occasions. D'autant que ces dix dernières années (2010), l'astronomie amateur aura vu fleurir des logiciels mobiles interactifs sur smartphone tellement performants que l'approche d'un objet soit dès lors suffisamment facilitée pour que recourir à un pointage automatique ne soit plus forcément la finalité inéluctable. Objet qui sera la plupart du temps approché à la paire de jumelles 8x42 pour son champ de 7° 29', puis au chercheur 9x50 de 5° de champ du Dobson et dont le pointage sera finalisé dans le télescope à 40x dans un champ très confortable de 2° (quatre pleine lunes).


Le visuel : la nécessité d'être particulièrement bien organisé

L'observation monoculaire est certainement la plus aisément transportable dans une valise métallique unique de taille moyenne, tout à fait sécurisante pour divers accessoires. L'auteur comme beaucoup d'observateurs a beaucoup travaillé la méthode comme le confort en se confectionnant une valise parfaitement optimisée pour accompagner son Dobson. Une valise se devant dans le volume le plus restreint de contenir tout le nécessaire pour observer (oculaires, filtres, chercheur de l'instrument, programme de "travail", cartes papier,...) comme pour optimiser mécaniquement son instrument (collimateur, éclairage frontal), sans compter éventuellement toute la panoplie pour produire des comptes-rendus des observations (gabarits, crayon gras, crayons de couleurs, éclairage à intensité variable...). Les oculaires notamment se devront d'être nombreux et méticuleusement étagés sur leur focale ; détail sur lequel l'auteur aura orienté la plupart de ses progrès dans la seconde partie de l'année 2020. En observation visuelle, en fonction du contraste global de l'objet comme de sa luminosité surfacique, tout comme de son étendue angulaire, il semble important de posséder une gamme bien étagée de grossissements comme de champs réels obtenus avec l'instrument afin de pouvoir constamment s'adapter efficacement à toute cible visée. Observer : un art à part entière.

L'imagerie à 10%

Depuis sa reprise, l'imagerie est le parent très pauvre des activités de l'auteur, au point que 10% puissent apparaître comme un pourcentage très largement sur-estimé ; son implication réelle dans ce domaine étant sans aucun doute en réalité bien plus inférieure à ce chiffre. Contrairement à sa période précédente (1999-2010), l'imagerie n'est pas sa finalité d'une nuit sous les étoiles mais tout juste un moyen de produire de l'information scientifique ou parfois satisfaire à quelques exercices. Il ne cherche pas à produire de la "belle image" mais simplement de l'information à la carte. 

On pourra globalement différencier deux approches possibles chez l'auteur :
  • La digiscopie avec un compact numérique ou un smartphone, installé en afocal via un support dédié
  • La CCD avec une caméra CMOS couleur USB 3.0 au foyer dernière génération
La digiscopie de part sa facilité de mise en oeuvre peut être utilisée derrière n'importe quel tube optique. Son usage sera toutefois strictement limité au soleil et à la lune. En revanche, pour le planétaire par sa très haute fréquence d'images (entre 65 et 150 images à la seconde) ou bien pour les objets faibles par ses possibilités en longue pose, la CCD s'impose de part sa sensibilité nettement supérieure et la capacité indiscutable en planétaire des plus récentes caméras, de "percer" la turbulence. Quant aux acquisitions couleur longue pose de 25 secondes maximum par image individuelle, elles sont réalisées sans autoguidage. Pour produire de l'information intéressante, les moyens employés sont qualifiés par l'auteur comme suffisants.
"Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler !" - Louis POIRIER (1910-2007)